Tricia Foster électrise La Girouette

Le rendez-vous était donné le samedi 14 janvier au Centre communautaire de Chatham. Ambiance électrique, éclectique qui a enveloppé, de son voile musical, les invités venus écouter la pétillante chanteuse Tricia Foster.

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Tricia Foster, artiste franc-ontarienne. Les mots à fleur de peau.

Le rendez-vous était donné le samedi 14 Janvier au Centre communautaire La Girouette de Chatham. Ambiance électrique, éclectique aussi, qui a enveloppé, de son voile musical, les invités venus écouter la pétillante chanteuse franco-ontarienne, Tricia Foster.
Une soirée où les notes de musique se sont joyeusement accordées pour se répandre frénétiquement dans une salle conquise par des spectateurs mélomanes, sensibles aux envolées lyriques de l’enchanteresse  à la chevelure rouge flamboyante.

C’était la première fois que l’artiste se produisait à Chatham. Marthe Dumont, bénévole à La Girouette, avait déjà eu l’occasion de voir Tricia Foster jouer sur scène lors de Contact ontarois, un événement lors de lequel une cinquantaine d’artistes présentent leur talent devant un jury afin de faire émerger les arts de la scène franco-ontarienne.
Lors de cet événement, la jeune bénévole, très enthousiaste, avait apprécié les compositions de la chanteuse et c’était donc avec un grand plaisir qu’elle la retrouvait sur scène pour son association.

“La soirée a été un excellent moment de partage et de découverte. Parmi les spectateurs, il y avait de nouveaux visages et certains sont venus attirés par la tête d’affiche, Tricia Foster.”

Sur scène, l’espiègle conteuse a mené son auditoire sur le sillon folk urbain aux influences rock et acoustiques. Artiste à fleur de peau, Tricia Foster est peu habituée aux compromis. Elle a donc livré un set authentique où guitares et voix ont exprimé sa passion pour la musique sans filtre, sa vision du monde faite d’errances ici et là pour cette native de la région de Cochrane, dans le Nord de l’Ontario. Sur scène, elle est accompagnée de l’artiste new-yorkaise Cécile Doo-Kingué, considérée comme l’une des meilleures guitaristes de la région. Le duo fonctionne à merveille. Les chansons aussi.
Tricia Foster est détonnante. La scène est l’occasion de se dévoiler entièrement et de sortir la langue qu’elle ne garde pas dans sa poche.

“Je sais que mes chansons provoquent les gens car je dis ce que je pense. Je peux parler de politique, de société, d’homosexualité, de pesticides…Il faut quelques chansons pour imposer un climat sur scène et, à Chatham, la soirée a été géniale. Je me suis amusée et les gens ont été cool!”.

Tour à tour, ses compositions intriguent, envoûtent et ne laissent pas les spectateurs indifférents. Conquise par la voix brûlante, tantôt douce, tantôt rebelle de l’auteure compositrice interprète, la salle s’est laissée volontiers transporter par des chansons fougueuses et diablement ryhtmées, envelopper du timbre chaud et cuivré de ses instruments et sensibiliser par une oeuvre fraîche où la facétieuse conteuse, n’ayant pas froid aux yeux, ni à la voix d’ailleurs, dénonce avec vivacité les vices et plaies de ce monde.
Et le public suit. Des plus jeunes qui reprennent en choeur ses lyrics, les moins jeunes esquissant des petits sauts de danse bière à la main. Tricia Foster donne tout, tant qu’à faire. Intrépide artiste, vivace et foncièrement rock, elle réfute le terme de “personnage” quand on tente des qualificatifs.

“Je suis moi et c’est déjà suffisant. Je n’ai rien d’un personnage, confit-elle, mes concerts ne sont jamais planifiés. C’est comme si on était chez moi, dans mon salon.”

Les amateurs de musique qui ont eu la bonne idée, ce soir, de venir l’écouter sont restés sous son charme et n’ont eu aucun mal à se sentir chez eux, dans son salon donc, tant la symbiose était parfaite entre l’artiste et son public. Tricia Foster a offert quelques extraits de son dernier album “Négligée” lors de concerts donnés à North Bay à Ottawa pour atterrir à Montréal, dernière date de sa tournée. Le concert de Chatham a permis d’écouter, en avant-première quelques chansons de son album  qui sortira fin mai.

Ceux qui l’ont attendu après le concert l’ont entraperçue discutant avec son public un verre de vin à la main. Artiste généreuse, elle a su donner de son énergie musicale et de son temps aussi, ne dérogeant pas à la règle d’aller à la rencontre du public.

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“Je ne peux pas envisager de partir juste après un spectacle. J’aime la proximité, le contact réel avec mes fans qui se déplacent pour venir m’écouter. Et souvent, les gens viennent me voir pour discuter des sujets de mes textes”, ajoute l’artiste.

Gageons que cette nuit, la salle de concert La Girouette a été quelque peu bousculée par cette tornade musicale et que beaucoup se sont endormis les oreilles encore sonnées de joyeuses notes au mille sonorités d’une artiste rebelle et furieusement attachante.

 

Sabrina Delors pour Le Métropolitain, 2012

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