Quatre maisons de coeur pour des familles haïtiennes

Le dimanche 4 mars, l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours d’Hamilton organise un déjeuner communautaire. le but : recueillir des fonds qui financeront la construction de quatre petites maisons pour des familles de Croix-des-Bouquets en Haïti.

A resident sits at a destroyed area after a major earthquake hit the capital Port-au-Prince

C’est un lien fort qui existe entre l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours et Haïti. Plus précisément avec Croix-des-Bouquets, située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de la capitale Port-au-Prince. Un lien affectif aussi puisque c’est dans cette ville qu’est né le père Philippe, curé de la paroisse francophone d’Hamilton.

Le lien construit depuis de nombreuses années a permis de concrétiser des échanges socioculturels entre les deux villes. Notamment, le programme de jumelage qui lie cinq établissements scolaires de Croix-des-Bouquets avec des écoles de Hamilton, de Cambridge et de Waterloo. L’église Notre-Dame du Rosaire est jumelée avec Notre-Dame du Perpétuel Secours. Puis, un programme d’aide spécifique permet à des familles de parrainer 112 enfants haïtiens.

En mai 2011, lors d’un déplacement à Croix-des-Bouquets, le père Philippe a sonné l’alarme auprès de ses paroissiens. Un an après le tremblement de terre qui a fait plus de 220 000 victimes, 300 000 blessés et un million de sans-abri, il a constaté qu’un grand nombre de familles vivent encore dans des conditions déplorables, sous des tentes de fortune.

“Je connais beaucoup de famille dont la maison a été complètement détruite souligne-t-il. Les gens vivent dans une extrême pauvreté.”

Parallèlement, un membre de la communauté, Richard Gagnon, avait soumis un projet de financement à son entreprise dans le cadre d’un programme humanitaire qui sélectionne chaque année le projet de 5 salariés.

“Quand j’ai su que mon projet avait été retenu, j’ai été le plus heureux des hommes. Je me suis empressé d’en parler au père Philippe!”, s’émeut encore Richard Gagnon qui réalise son voeu le plus cher, venir en aide aux plus démunis. J’ai de la chance d’avoir une belle maison et deux voitures alors c’est à mon tour de rendre ce que Dieu m’a généreusement donné.” C’est ainsi que les deux hommes se sont retrouvés autour du projet “Une petite maison…un grand espoir!”

Ils prévoient la construction de quatre maisons pour des familles qui seront sélectionnées par le père Philippe. “Je n’ai pas encore choisi, dit-il. Cependant, les critères de sélection prendront en compte le nombre d’enfants, la présence du père ou de la mère dans le foyer. Evidemment, une famille de 7 enfants, ce n’est pas la même chose qu’une famille avec un seul.”

Des logements bien adaptés

Les unités se composent de 2 pièces de 4×4 mètres carrés, d’une galerie de 2×4 mètres carrés et d’un “petit coin pour se baigner”.

“Les logements sont agencés différemment des nôtres. La plupart des haïtiens habitent dans des maisons composées de 2 ou 3 pièces qui n’ont pas de fonction spécifique. Il n’y a pas d’endroit attitré pour la cuisine par exemple.” explique Richard Gagnon. Quant au père Philippe, il ajoute que les pièces sont souvent séparées en deux, celle des adultes et celle des enfants avec une cuisine qui se fait en extérieur.

Le budget total est estimé à 17000 $. Chaque maison coûte 4250$ et nécessite une semaine de construction. L’entreprise de Richard Gagnon verse 2700 $ en amont du projet et maintiendra son salaire pour la durée des travaux, soit quatre semaines. Elle pourvoit également à toutes les dépenses sur place, la nourriture, les déplacements et le billet d’avion. Le départ est prévu pour le 10 avril. Le père Philippe restera une semaine et M. Gagnon conduira les travaux pendant un mois.

“J’ai hâte de partir. Là-bas, je serai hébergé dans la famille du père Philippe à Croix-des-Bouquets. Je vais superviser les travaux et nous achèterons tous les matériaux sur place. Nous allons également embaucher des ouvriers locaux 3 semaines avant le départ. A travers ce projet, nous espérons participer à l’économie du pays!” souligne Richard Gagnon qui organise une collecte de fonds  au sein de son entreprise, le 21 mars prochain. “J’espère vraiment récolter entre 3000 et 4000 $” confie-t-elle.

Le déjeuner communautaire du dimanche 4 mars se tiendra juste après la messe dans la salle paroissale de l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours. La participation se fait sous forme de don libre. Le repas est organisé par le Club de l’âge d’or et les Chevaliers de Colomb. Ouvert à tous, le déjeuner permettra de récolter les fonds nécessaires pour la construction des quatre maisons. A noter que le plan humaniatire est une idée du père Philippe et des membres de la communauté paroissale. Aucune association ni aucun intermédiaire ne sont liés à sa concrétisation. Ainsi, la totalité des fonds recueillis sera intégralement versée dans le projet immobilier. Il est possible d’obtenir un reçu d’impôt pour un don de 20 $ et plus.

Pour le père Philippe, il est important que l’aide humanitaire transite par les responsables des communautés car il s’agit avant tout de bien acheminer les secours. “Je suis allé en Haïti 3 mois après le trenblement de terre. J’ai noté qu’il y avait du gaspillage. L’aide ainsi que les denrées alimentaires ont été mal distribuées et cela a fait beaucoup de désordre. Les organismes humanitaires ont tout donné aux gens qui n’étaient pas forcément les plus nécessiteux”, conclut le curé de la paroisse Notre-Dame.

Sabrina Delors pour Le Métropolitain 2014

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s